Tessa Worley
Biography

  • Prénom / nom

    Tessa Worley

  • Date et lieu de naissance

    Née le 4 octobre 1989 à Annemasse en Haute Savoie

  • Nationalité

    Française et Australienne

  • Ma station de coeur

    Le Grand Bornand

  • Activité

    Skieuse/Membre des Equipes de France de ski depuis 2005 - spécialité Slalom Géant, Super Géant

  • Profession

    Militaire/Sportive de la défense (Sergent) rattachée à l’EFMS (lien) et au CNSD depuis 2008

  • J'aime

    Le sport, la nature, les animaux, voyager, apprendre, découvrir, être créative

  • Je déteste

    L’injustice, la violence, l’irrespect, la pollution

  • Sports pratiqués

    Ski, ski de fond, wake surf, vélo (route et VTT), course à pied, tennis, golf, haltérophilie, musculation…

Top Records
Victories

25 podiums en Coupe du Monde

13 victoires en Coupe du Monde

Double Championne du Monde de slalom géant 2013, 2017

Championne du monde par équipe 2011, 2017

Vainqueur de la coupe du monde de géant 2017

More infos
Tessa Confidential

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Humeurs et bavardages #5

200. Dimanche, à Soldeu en Andorre, lors du dernier Géant de la saison, j’ai pris mon 200e départ en Coupe du Monde ! Un chiffre marquant dans ma carrière… Le premier, c’était le 4 février 2006 à Ofterschwang et depuis maintenant 13 ans j’ai la chance de m’être élancée depuis les beaux portillons de départ du circuit mondial. Pour ce 200e, le tableau était parfait : la piste était extrêmement bien préparée, l’organisation millimétrée, l’ambiance exceptionnelle, ça sentait bon le Sud et les tapas, le tout sous un soleil éclatant qui nous a réchauffé de nos longs mois d’hiver !

Pour ce Géant final, forcément, j’aurai aimé terminer sur le podium… ce sera la 4e place mais je suis quand même contente de finir la saison sur une bonne note. J’ai pris des risques en deuxième manche car je ne voulais pas avoir de regrets. Et quand je regarde derrière moi, malgré ma blessure au genou qui m’a embêtée cet hiver, le bilan est plutôt positif ! Je termine 3e du Classement Général de la Coupe du Monde de Géant derrière Mikaela Shiffrin et Petra Vlhova avec 4 podiums et notamment une victoire à Sölden!

Pour ce dernier bavardage de la saison et en l’honneur de ce 200e départ en Coupe du Monde, je voulais partager avec vous ces moments que vous ne voyez pas lorsque je suis dans cette cabane de départ.

J’arrive entre 20 et 30 minutes en haut, je vais rejoindre mon technicien Dylan qui s’est déjà installé, je lui donne mon matériel d’échauffement il le range et règle les derniers détails sur mes skis course. De mon côté, j’aime bien aller voir quelques filles partir, ça dépend si c’est la première ou la deuxième manche. Je me faufile vers la cabane de départ pour regarder les premières portes et me visualiser à cet endroit. Ensuite je fais des exercices d’échauffement : étirements, fentes… je me mets en mouvement pour surtout ne pas trop cogiter.

10-15 minutes avant le départ je fais mon exercice avec l’élastique pour simuler la poussée de portillon et au bout de la 3e fois, on lâche l’élastique pour que je pousse pleinement pour me préparer à tout donner. Ensuite je fais un peu de gainage surtout sur les obliques. Et pendant toute cette période-là, je fais beaucoup de respiration ventrale pour me décoincer le diaphragme ! Je ne m’oblige rien mais j’essaie de me retrouver dans un état que je connais et qui fonctionne pour moi : de la sérénité associée à une grande concentration pour faire ressortir ensuite la guerrière et la conquérante qu’il y a en moi, mode présent chez moi simplement lorsque je suis en compétition et sur les skis !

Je visualise le tracé plusieurs fois dans ma tête, je chausse mes skis 3 à 4 minutes avant mon passage, Dylan les sèche. Je sers ensuite les crochets des chaussures 2 minutes avant mon départ. Souvent, je me tape les cuisses pour bien leur faire comprendre que je dois y aller. Je me donne aussi quelques coups sur la poitrine et 1 minute avant je fais un check au staff qui est au départ et là je me mets dans ma bulle. Je ne parle plus à personne, je suis concentrée et je me répète mes intentions au niveau de l’engagement, de la technique. Des choses claires, courtes, des mots qui me parlent. 10 secondes, je place mes bâtons comme il faut et à 5 secondes je commence à prendre mon élan pour partir ! BIP BIP BIP BIP BIP !

Il me restera encore quelques départs à prendre en cette fin de saison notamment aux Championnats de France dès cette semaine en Super G puis en Géant ! Pour terminer cette news, j’ai une énorme pensée pour ceux qui ont pris leur dernier départ lors des finales… Bravo pour votre immense carrière Felix Neureuther (248 départs), Frida Hansdotter (225), Anne-Sophie Barthet (186), Chiara Costazza (144), Mattias Hargin (135) et Thomas Fanara (117) !

Je vous souhaite à toutes et tous une belle fin de saison, merci pour votre soutien et à très vite pour de nouvelles aventures !

Tessa.

Bonus: Revoir la webstory Band Of Heroes « Starting Gate » sur ce qui se passe dans notre tête au départ

 

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Humeurs et bavardages #4

Déjà deux mois que je ne vous ai pas écrit et la fin de saison approchant à grand pas, j’avais envie de vous donner quelques nouvelles fraîches et surtout de vous faire voyager !

->  Premier stop : l’Italie

Ce que j’aime : le panorama dans les Dolomites est exceptionnel. J’aime aussi les bonnes pastas italiennes bien sûr. On a la chance d’être comme à la maison dans notre hôtel là-bas, on a même droit à un gâteau après la course s’il y a un podium à célébrer !

Ce que je n’aime pas : la route pour y aller. Nous traversons une bonne dizaine de fois l’Italie en bus pendant l’hiver avec en moyenne 6 à 7 heures de trajet. Je m’occupe comme je peux avec des bonnes siestes, de la lecture, ou le ski en direct lorsqu’il y a des courses à regarder.

La piste de Kronplatz : Belle piste très technique et réputée pour sa pente raide (moyenne de 32% d’inclinaison et une partie à 61%).  C’est une manche qui demande un engagement total de haut en bas. Une mise en action plutôt fluide où il faut arriver à générer un maximum de vitesse très rapidement. Par la suite la piste est pentue, tournante… Il faut serrer les dents surtout dans le dernier mur qui est à l’ombre et en dévers.

Le résultat final : 2ème. Je réussis une première manche correcte, sans faute mais avec une légère retenue sur cette neige plutôt accrochante et cette pente raide. Il faut plus “laisser filer les skis” ! Je suis déjà à 1’39 de Mikaela Shiffrin. Derrière moi, ça se joue au centième. Mais je veux mettre la pression à Mikaela et jouer la gagne, peu importe l’écart. Une belle deuxième avec un engagement plus fort dans la pente. Je termine 2ème à 1’21.

Après Kronplatz, nous avons poursuivi notre chemin en Italie direction Cortina d’Ampezzo. Les paysages sont exceptionnels là-bas. Au sommet de la descente, il y a un lever de soleil incroyable sur les montagnes et le fameux Tofane et les conditions de neige sont souvent parfaites. Malheureusement je suis tombée malade et je n’ai pas pris le départ du Super G. Le périple italien s’est terminé par quelques entrainements à Dobiacco et San Pellegrino.

->  Deuxième stop : Orcières Merlette, France

Pouvoir s’entrainer en France est une chance. Cela n’arrive pas aussi souvent qu’on pourrait l’imaginer ! Nous avons été accueillis comme des rois. Les Hautes-Alpes sont réputées pour l’ensoleillement, je n’ai pas été déçue et j’ai réalisé 3 journées entraînements magnifiques sur une piste très complète. J’ai même pu faire du Super G sur une durée de 1’10. Le rêve ! Je suis repartie les bras chargés de petits cadeaux et de bonnes sensations dans les jambes.

Et après un petit stop à Tarvisio en Italie, me voilà tournée vers la prochaine Coupe du Monde de Maribor.

-> Troisième stop : La Slovénie

Ce que j’aime : L’ambiance festive. Les Slovènes sont toujours très bruyants, ils aiment le ski et leurs championnes locales : il y a quelques années c’était Tina Maze, aujourd’hui place à Ilka Stuhec. Cette étape est une classique qui existe depuis plus de 50 ans.

Ce que je n’aime pas : Le manque de relief. Nous skions à très basse altitude avec une arrivée en pleine ville. Il n’y a pas de belles montagnes comme en Italie ou en France. Je n’aime pas la nourriture non plus !

La piste de Maribor : un profil plutôt moyen avec peu de pente. Une piste peu spectaculaire. Il y a une longue portion plate (travail en recherche de vitesse) puis une seconde partie plus raide mais toujours très progressive.

Le résultat final : 9ème. Je suis 3ème de la première manche à 58 centièmes de la première place. Je fais une deuxième manche dans le ton avec de bons intermédiaires. Des lignes osées dans un jour blanc et une piste un peu irrégulière sous le pied. Une faute de carre me fait complètement sortir du tracé…. Je finis à plus de 2 secondes. Je ne regrette pas d’avoir pris ces petits risques pour pouvoir jouer la gagne. Ça passera la prochaine fois.

-> Quatrième stop : La Suède

Le point d’orgue de la saison : les Championnats du Monde d’Are où je vais participer à 3 épreuves.

Ce que j’aime : Les lumières. Le matin, au lever du soleil, la lumière est incroyable et offre un paysage tout enneigé et sauvage. On peut rouler pendant des heures sans croiser personne sur les routes. Cette ambiance est très particulière.

Ce que je n’aime pas : Les intempéries. La quinzaine des Championnats du Monde a été marquée par des conditions météos très changeantes. L’ambiance dans l’aire d’arrivée à Are n’était pas incroyable non plus, les courses paraissent toujours un peu anonymes là-bas !

LE SUPER G

Des conditions parfaites pour ma course. Grand beau temps, neige dure et agressive, moins 25°C à l’arrivée. Je n’ai pas pris de départ en super G depuis Lake Louise en Novembre dernier. Mais cette discipline est vraiment excitante ! J’ai fait ce que j’ai pu avec mes armes du moment mais j’ai réussi à prendre du plaisir… Je repars avec l’envie de vouloir travailler dur pour rivaliser avec les meilleures lors de mon prochain départ en Super G !
Le résultat final : 16e

Entre le Super G et le Team Event, il y avait une semaine de pause. Nous avons donc établi notre camp de base à Almasa. Nous étions logés dans un sport-étude d’équitation à 30 min en bus du téléski et de l’unique piste au milieu de nulle part. Il y avait des chevaux partout, c’était magnifique et cette ambiance d’école était très propice au calme et au travail.

LE TEAM EVENT

Retour à Are ensuite pour le Team Event qui est une épreuve que j’aime beaucoup. L’état d’esprit que l’on partage avec l’équipe pendant cette course me donne plein d’énergie. Au final, j’étais vraiment frustrée de ma course. Quand on fait des erreurs, c’est toute l’équipe qui en pâtit et ce n’est pas facile de l’accepter quand on a envie de donner le meilleur. J’ai perdu ma manche contre l’Allemande d’un rien…
Le résultat final : 5e

LE GEANT

La piste : Ce jour-là, la neige est salée et le terrain irrégulier. Le vent souffle. Il faut se faire très aérodynamique sur les traversées à plat pour conserver sa vitesse. Le rythme est lent et les sensations ne sont pas au rdv mais je suis dans le ton en première manche malgré une bonne faute avant le mur final. 0’73 de retard, tout est encore possible. C’est un beau combat qui s’annonce contre les éléments en deuxième manche….

Dans le 2e run, je sens énormément le vent sur la partie haute du tracé et je me désunie un peu. Je n’arrive pas tout de suite à trouver le rythme du tracé et je mets beaucoup d’activité dans mon ski, peut-être trop sur cette neige assez douce à cause de la température. Je sens que j’ai la maitrise de ma manche, ce qui n’est parfois pas un très bon signe.

Le résultat final : Je termine 6ème à +1.09. Je suis extrêmement déçue car j’avais les armes et le ski pour faire un meilleur résultat là où seules les médailles comptent, mais je n’ai pas de regret. J’ai fait ma course avec les aléas du jour et j’y ai mis toute mon énergie.

Je suis rentrée mi-février en France, j’en ai profité pour me reposer un peu et faire quelques sessions d’entrainement en Andorre puis à Bardonecchia. Je suis désormais prête pour la fin de saison !

Direction maintenant la République Tchèque pour le Géant de Spindleruv Mlyn le 8 mars puis l’Andorre pour les finales de la Coupe du Monde à partir du 11 mars où je participerais au Team Event et au Géant !

A très vite,

Tessa.

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Humeurs et bavardages #3

Pour vous réveiller tout en douceur ce matin du 1er janvier, je vous souhaite tout d’abord plein de belles choses pour cette nouvelle année 2019.

Avant de refermer définitivement la page de 2018, je voulais vous faire partager mes coups de cœur et mes coups de carres de ces derniers mois. Peut-être que cela vous donnera des idées pour l’année à venir. Bonne lecture !

Coups de cœur 2018

  • Livres

Kilomètre zéro : le chemin du bonheur de Maud Ankaoua
Le Tatoueur d’Auschwitz de Heather Morris
Mon rêve d’or et de neige de Martin Fourcade
Les livres de Sarah Lark (trilogie qui se déroule en Nouvelle Zélande)

  • Séries

13 Reasons Why
Greys anatomy
Heartland

  • Associations

Association Chantal Mauduit (Parrainage d’enfants au Népal)
Du flocon à la vague (Protégeons l’eau et notre santé en valorisant les bonnes pratiques)
La CAMI Savoie (Programmes de thérapie sportive pour les personnes touchées par un cancer)

  • Mes Combats

Le Cancer (proches qui sont ou ont été touchés)
L’environnement : J’aimerai vraiment vivre plus écologiquement, réduire mes déchets et faire plus de choses « home made » (cosmétiques, produits d’entretien…). La pollution devient un vrai souci, il faut faire le maximum aujourd’hui pour préserver nos montagnes, nos mers, nos océans…

  • Mon petit-déjeuner idéal

Un mélange œuf à la coque, avocat, fromage de chèvre frais et jambon de dinde avec une infusion gingembre / citron / curcuma

  • Stations de ski

MA station : le Grand-Bornand
Kronplatz dans les Dolomites

  • Vacances

Martinique
8 jours en voilier dans les îles Grenadines

  • Mon Staff

Tout le groupe est nouveau depuis cette saison, ça permet de se renouveler notamment en préparation physique avec Romain Hurtault qui a une nouvelle manière de voir les choses.
Dylan Stary, mon technicien avec qui je suis depuis 3 saisons. On forme une très bonne équipe !

  • Mes amies

Taïna Barioz (grosse pensée encore pour elle car sa saison est terminée suite à sa blessure au genou)
Flora ma copine du Grand Bornand qui est partie vivre à Paris pour le travail

  • Retraites

Manuela Moelgg une skieuse incontournable sur le circuit. Elle a marqué le milieu par son tempérament de battante sur les skis et sa gentillesse.
Mon copain Ben Valentin !

  • Marques de vêtements

Lululemon
Colmar

  • Et puis aussi…

La Coupe du Monde de foot
Les JO d’hiver
Les mouvements divers pour les femmes
Le diplôme de médecine de Jo (mon petit frère)
Marcel Hirscher et Mikaela Shiffrin pour leurs saisons incroyables et leur talent de repousser les limites de notre sport.

Coup de carres 2018

Les violences et les casses en France
Attentats (dernièrement à Strasbourg)
Les catastrophes naturelles (tremblements de terre et tsunamis)
La canicule et les incendies dans le monde
Côté Sportif : ma contre-performance aux JO en Corée qui a gâché un peu l’événement

Merci à toutes et tous pour votre soutien chaque année, j’espère que nous vivrons encore de belles choses ensemble en 2019.

Je terminerais cette news par 2 phrases qui me portent au quotidien et m’aident à me dépasser :

“Joy is the essence of success “

 

“Once we accept our limits, we go beyond them“ A.Einstein

 

Bonne Année 2019 !

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Humeurs et bavardages #2

Quand j’ai chuté à Lake Louise en Super G il y a 10 jours, je pensais que je n’aurai que des bleus. Bon, finalement mon genou n’a pas trop aimé non plus. Mais heureusement le verdict n’est pas si grave contrairement à ma copine Taïna Barioz à qui je pense très fort (rupture des ligaments croisés du genou). Pour ma part, ce sera du repos pour que mon genou récupère tout en maintenant ma forme en attendant de remonter sur les skis.

Alors comme j’ai vraiment promis à mon docteur de ne pas trop en faire, je vais en profiter pour vous raconter mon mois passé de l’autre côté de l’Atlantique et partager avec vous ce road trip entre les Etats-Unis et le Canada.

Bouclez votre ceinture, nous sommes le 8 novembre et je suis très excitée à l’idée de rejoindre Copper Mountain dans le Colorado pour 10 jours d’entrainement dans des conditions idéales ! Après un Albertville > Genève > Frankfort > Denver > Copper, les choses sérieuses peuvent commencer.

Il faut savoir que là-bas, la piste est très prisée car la plupart des équipes de vitesse hommes et dames sont présentes et c’est un vrai casse-tête pour nos entraineurs de nous mettre dans un (bon) créneau horaire (soit 7h-10h / 10h-13h / 13h-16h). Un jour, je voulais faire du Super G et j’apprends que je ferais partie du premier créneau le lendemain matin (peu de luminosité), que je serais avec le groupe masculin des US, de l’Autriche et de Norvège (rien que ça) et que je dois partir en première pour ne pas déranger l’ordre de passage de tout le monde (même pas peur). Evidemment c’est une vraie chance de pouvoir intégrer une séance comme celle-ci mais quand je me suis pointée le matin un peu au dernier moment, ils m’attendaient tous pour que j’ouvre la piste ! Plutôt impressionnant quand derrière toi tu as les deux « Vikings » Jansrud et Svindal. Ce sont des athlètes que j’admire beaucoup. J’aime leur personnalité, leur état d’esprit, leur accessibilité. Toutes ces choses-là m’ont transcendée et j’ai réalisé un bon entrainement avec une pointe d’adrénaline qui était positive.

Pour terminer sur cette séance je vous livre deux petites anecdotes : c’est ce jour-là que Svindal s’est fait mal au pouce (ce qui ne l’a pas empêché de courir quelques jours après à Lake Louise et de faire ensuite un podium à Beaver, respect.) et j’étais environ à 4 secondes du meilleur garçon sur 1min15 (désolée Lindsey, je ne viendrais pas avec toi sur les courses hommes !)

Nous sommes maintenant le 21 novembre, on s’installe confortablement dans son siège direction Killington en partant de Denver et en atterrissant à Boston pour rejoindre ensuite en 4h de voiture le lieu de la prochaine Coupe du Monde. Une 5e place en poche le 24 novembre, me voilà déjà repartie sur la route pour Montréal. Une nuit plus tard, on remonte dans l’avion pour rejoindre Calgary puis Lake Louise.

Est-ce que j’ai des petites manies à l’aéroport ? Quelques-unes. En tant que sportive de haut niveau j’essaie de faire en sorte que les voyages me prennent le moins d’énergie possible. C’est important, surtout à cette période de l’année où l’on enchaîne beaucoup les courses. Directement après avoir passé la sécurité, je m’achète une bouteille d’eau et de quoi manger sainement. Dans l’idéal, j’essaie de me préparer un petit en-cas maison (mon préparateur physique Romain va être content si il lit cela !), de prendre ma couverture fétiche et surtout (ça c’est vraiment un truc de skieur) je ne voyage jamais sans mes chaussures de ski en bagage à main ! Ok j’avoue, sur la route de Lake Louise, on s’est fait un petit plaisir (et une petite tradition) avec mon technicien Dylan en s’arrêtant manger des ribs à Banff !

Quelques heures après, nous prenons nos quartiers pour une semaine au fameux Château de Lake Louise avec une chambre vue sur le lac et les forêts environnantes (chanceuse) située à un peu moins de 10 minutes à pied de la salle du petit déjeuner ! L’hôtel est immense, nous sommes avec toutes les équipes, cela permet de se retrouver en dehors de la piste, ça change.

3 entraînements et un demi-Super G plus tard, me voilà sur la route du retour avec mes fameux bleus suite à ma chute. Comme vous aviez pu le voir, j’avais quand même décidé d’aller à St Moritz le week-end dernier pour courir le Super G mais je crois que ma décision de ne le faire a été la bonne pour ne pas aggraver mon cas ! Je vous donnerai évidemment des nouvelles au fur et à mesure sur ma reprise.

Je ne pouvais conclure ce road trip et ce mois de novembre sans une douce pensée pour David. #DPforever

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Humeurs et bavardages #1

12 ans déjà que j’ai pris mon premier départ ici à Sölden ! Je commence à être un peu l’ancienne du circuit, non ? C’est vrai j’ai mes petites habitudes là-bas, un peu comme sur toutes les Coupes du Monde d’ailleurs, mais celle-ci elle a toujours une saveur particulière.
Si globalement ton été s’est bien passé sans pépin physique, tu diras à qui veut l’entendre que tu es en pleine forme, que tu es sereine et qu’évidemment tu as hâte de débuter cette nouvelle saison… bon au plus profond de toi-même, tu sais quand même que tu seras plus tranquille après la première manche quand tu auras vu comment tes copines skient et si ton nom est affiché dans les 3 premières au tableau d’affichage.

Cette année… voilà comment ça s’est passé. 2 jours d’entraînements sur la Ice Box qui a largement tenu sa réputation de frigo et malgré les quelques doutes qui me passent par la tête, je me sens prête. Mais avant tout, j’ai un marathon à faire… tu ne le connais pas celui de Sölden ? Il se passe toujours le jeudi, l’avant-veille de la course. On n’atteint pas les 42 kilomètres mais on enchaîne les sollicitations pendant 12h, tout aussi intense. Après le training du matin, RDV avec tes partenaires qui te donnent ton nouveau matériel, conférence de presse Audi avec les autres athlètes, photos puis retour à l’hôtel et interviews avec la presse française et étrangère. Bref à la fin de cette journée je suis en ébullition et je passe ma première mauvaise nuit de la semaine !

Le vendredi c’est un peu différent. Tu (re)découvres pendant le ski libre le fameux mur de Sölden et tu t’aperçois que finalement il se skie plutôt bien ! Je trouve que les ruptures de pente sont moins marquées qu’il y a 12 ans mais c’est peut-être mon regard qui a changé… j’ai quand même un peu plus d’expérience aujourd’hui ! Enfin c’est le bib draw qui arrive et là tu prends conscience que le lancement de la saison est imminent. J’ai tiré le 3 et j’étais très contente car j’ai déjà gagné avec. Ça ne m’a pas empêchée de passer une nuit agitée… je me faisais un scénario comme quoi on montait, qu’il faisait trop mauvais et qu’on annulait. Ma partie consciente me disait d’arrêter de penser à ça et de rester dans ma course, j’ai finalement sombré dans le sommeil pour une courte durée. Mais c’est quelque chose qui ne m’affole plus trop ça, je sais que j’ai du temps derrière pour récupérer.

Pour mon 192e départ en Coupe du Monde, j’ai répété la routine que j’ai depuis maintenant deux ans : mode guerrière enclenché, quelques mots bien choisis dans ma tête et des exercices d’échauffements spécifiques sur le départ que je mime avec un élastique. Tout se joue là quand tu pousses ce portillon. Une mauvaise pensée et tout peut basculer alors je m’attache à soigner cette partie. La suite, vous la connaissez. 3e de la première manche avec le sentiment d’avoir dompté correctement le Rettenbach et une prise de risque un peu plus importante dans la deuxième pour aller chercher le meilleur. Résultat, une 13e victoire en carrière et un 25e podium, le 2e ici à Sölden après ma 2e place l’an dernier.

Quand je ratais mes courses avant ici, on me disait « Couronne d’automne, courte couronne » ! Là avec ce résultat, ces sensations je suis boostée pour la suite. J’ai trop hâte d’aller skier aux US et de continuer à valider ce que j’ai mis en place dans mon ski. RDV à Killington !

Coup de coeur

Mon coup de cœur, il va au Fan Club du Grand Bornand. Comme dirait les copains de la Team Valoche ils ont un peu vieilli mais eux aussi ça fait 12 ans qu’ils viennent et affrontent le Rettenbach dans toutes ses conditions ! Merci à Yves Perrissin et sa famille pour leur investissement incroyable et de rassembler tout ce monde autour d’une passion commune. Ils ont hésité à venir, ils avaient même annulé jeudi par rapport à la météo et au coût du voyage et finalement ils ont décidé qu’ils ne pouvaient pas louper ma première course. Je crois que je ne les ai pas déçus… Quel plaisir d’avoir partagé cette première victoire de la saison avec eux !

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